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18/03/2008

Du droit de chacun à disposer de sa vie

J'ai longtemps hésité à aborder le sujet de Chantal Sébire qui s'est vue refuser son droit de mettre un terme à sa vie. Premièrement parce que je ne sais pas si je suis la mieux placée pour en parler, ensuite parce qu'il est préférable de faire preuve de discrétion et de respect mais surtout parce que je me sens mal à l'aise et pas à la hauteur pour en parler. Le problème c'est que cette décision de justice qui me laisse sans voix me trotte dans la tête et bizarrement cela m'empêche d'aborder d'autres sujets alors j'y vais et j'espère ne heurter personne. L'euthanasie est certainement un des sujets les plus épineux de nos sociétés modernes qui attend toujours une décision tranchée des legislateurs. Depuis des années en France, on s'entête à refuser toutes les demandes d'euthanasie des personnes qui souffrent dans leur chair et dans leur âme. Rappelons-nous l'affaire Vincent Humbert qui en 2003 avait déjà secoué l'opinion publique avec cette mère en plein désarroi qui n'avait plus que pour seul et unique souhait de mettre un terme aux souffrancs de son fils devenu tétraplégique suite à un accident de voiture trois ans auparavant. On continue aujourd'hui de leur refuser de vivre dignement mais également de mourir dignement. Je n'ose imaginer la double peine qu'endure Chantal et a enduré Vincent, de souffrir eux-mêmes mais aussi de faire de la peine aux gens qu'ils aiment et qui sont incapables de les soulager. Pour seule alternative, la législation joue sur les mots et leur propose comme unique option le "laisser mourir"  loi Leonetti votée en 2005 qui consiste à plonger le malade dans un état de coma artificiel et attendre patiemment sa mort! Et que fait ton dans cette situation de la famille qui pendant cette période sera encore en attente? Combien de temps dure un coma artificiel? Et qu'est ce qu'on proposera et je pourrais utiliser le présent pour les soutenir au quotidien? Chaque gouvernement se renvoie la balle alors qu'il est sincèrement important d'ouvrir le débât, pas uniquement pour les malades qui attendent mais aussi pour nous autres citoyens et nous pousser à prendre enfin un décision claire et précise. Mettre un terme à cette angoisse de la mort et de la conscience collective que le suicide assisté revient à oter la vie et va donc à l'encontre de nos fondements religieux. Car il est bien là le problème. C'est notre propre angoisse de la mort qui ressort dans ce débât, la crainte des législateurs de bousculer une population engoncée dans des idées trop étriquées, trop conservatrices. Je crois juste qu'il est important de remettre l'humain au centre de tout ça. On se fout du droit à disposer de sa vie, du respect de la vie humaine, du laisser mourir ou du suicide assisté. Et si on parlait juste de souffrance et de délivrance, de respect et de dignité. Il est certes impossible de faire jurisprudence dans ce type de cas. Il est difficile de voter une loi qui puisse englober l'ensemble des aspects de l'euthanasie mais il faut bouger maintenant, il y a urgence. J'essaie de me mettre à la place de cette femme et je suis certainement encore à mille lieues de m'imaginer sa souffrance. Comment peut-on encore "laisser faire"? Voilà c'est certainement une goutte d'eau dans l'océan mais j'avais envie de partager ces sentiments. C'est un sujet vraiment sensible mais avant de penser à nous  je crois qu'il faut penser à eux, ceux qui ont mal et on se doit de les aider et vite !

-MilkyFraise- 

Commentaires

Je suis tout à fait d'accord, et je n'arrive pas à comprendre comment de tels "cas" n'ont pas pu faire bouger le gouvernement. Quand je songe à cette ministre qui a osé pensé que c'était par coquetterie que Chantal voulait mourir, à cause de la déformation de son visage...

Écrit par : shoukoujo | 21/03/2008

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bon depart

Écrit par : sasturnspusty | 31/05/2012

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